L'ODD n°15 vise à protéger la faune et la flore terrestre., @BH&CCO

BUSINESS CASE

[ODD-le monde d’après] Investir dans la préservation et la restauration de la biodiversité

Par  Béatrice HÉRAUD|Publié le 27/04/2020

La crise du coronavirus montre l’importance de changer notre modèle économique. Pour fixer le cap d’un développement plus soutenable, une grille de lecture de référence, d’envergure internationale et universelle, existe déjà. Il s’agit des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) adoptés en 2015 par l’ONU. Déjà utilisés par de nombreux acteurs économiques et financiers, ils doivent aujourd’hui être regardés comme un outil opérationnel pour flécher les innovations et investissements vers les activités qui assureront la reprise d’une économie durable. Tous les jours, L'Essentiel de la finance durable vous propose un éclairage sur chacun des ODD.

L’OBJECTIF 2030

L’ODD n°15 vise à préserver et restaurer les écosystèmes terrestres. Cela passe par la mise en place d’une gestion durable des écosystèmes terrestres (forêts et montagnes) en préservant la biodiversité et les sols et limitant les impacts de long terme des catastrophes naturelles. Il appelle aussi à ce que la protection des écosystèmes et de la biodiversité soit intégrée dans les planifications nationales et dans la coopération internationale (lutte contre le braconnage et le trafic d’espèces menacées, la diffusion d’espèces invasives, etc.). La protection de la biodiversité doit aussi être intégrée dans la comptabilité des entreprises et, moins intuitif, dans les stratégies de réduction de la pauvreté. Les ODD étant interdépendants, la réalisation de chacun des objectifs nécessite de travailler sur les 17 autres pour assurer leur réalisation.

LA SITUATION ACTUELLE

Selon l’IPBES (la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), le Giec de la biodversité, "la nature décline de façon globale et à des rythmes sans précédent dans l'histoire humaine". Sur les 8 millions d'espèces animales et végétales estimées sur Terre, un million sont désormais menacées d'extinction. Et le rythme de disparition des espèces s'accélère : au moins 680 espèces de vertébrés ont disparu depuis le 16e siècle. Le déclin concerne aussi les végétaux et les terres. Entre 1990 et 2015, 290 millions d'hectares de forêts primaires ont disparu à travers la planète. Les zones humides disparaissent trois fois plus vite : plus de 85 % de celles qui existaient dans les années 1700 n'existaient plus en 2000.

La pandémie de Covid-19 montre le lien entre les atteintes à la biodiversité et la santé humaine. Et par actions collatérales, son impact économique, financier et sur les droits humains…

En France, l'un des indicateurs à suivre est celui de l'évolution de la proportion d'aires protégées. La France est un des dix-huit pays "mégadivers" de biodiversité du monde abritant plus de 1 % des espèces vasculaires endémiques. Elle fait également partie des dix pays présentant le plus grand nombre d’espèces menacées. Cependant, en métropole, les aires protégées ne comptent que pour 1,37 % du territoire contre 28,64 % dans les territoires d’outre-mer.



LES INITIATIVES DES ACTEURS ECONOMIQUES

Intégrer la biodiversité dans sa stratégie d’entreprise. Souvent oubliée au profit du climat, la biodiversité est pourtant essentielle à un grand nombre d’activités économiques (chimie, cosmétique, industrie pharmaceutique, etc.). En France, les acteurs privés et publics se sont alliés autour de deux initiatives : Act4Nature (Entreprises pour l'environnement) et "Entreprises engagées pour la Nature" lancée par l'Office français pour la biodiversité

Investir dans la biodiversité. Selon un rapport du WWF, les services que nous prodigue la nature sont valorisés 125.000 milliards de dollars. En tant qu'investisseur, la perte de biodiversité peut se traduire, à terme, par une perte de rentabilité des actifs. Il est donc important d’investir dans la protection de la biodiversité (fonds Livelihoods, fonds Land Degradation Neutrality (LDN) ou fonds Axa pour la recherche). Une task force sur la transparence financière en matière de biodiversité est également demandée par plusieurs acteurs à l’image de la TCFD sur le climat. 


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