L'ODD n°14 vise à protéger les écosystèmes marins et côtiers., @BH&CCO

BUSINESS CASE

[ODD-le monde d’après] Investir dans la protection des océans et de la vie aquatique

Par  Béatrice HÉRAUD|Publié le 24/04/2020

La crise du coronavirus montre l’importance de changer notre modèle économique. Pour fixer le cap d’un développement plus soutenable, une grille de lecture de référence, d’envergure internationale et universelle, existe déjà. Il s’agit des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) adoptés en 2015 par l’ONU. Déjà utilisés par de nombreux acteurs économiques et financiers, ils doivent aujourd’hui être regardés comme un outil opérationnel pour flécher les innovations et investissements vers les activités qui assureront la reprise d’une économie durable. Tous les jours, L'Essentiel de la finance durable vous propose un éclairage sur chacun des ODD.

L’OBJECTIF 2030

L’ODD n°14 vise à conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable. Pour cela il se base sur trois axes. D’abord, la gestion plus durable des ressources, via la préservation de 10 % des zones marines et côtières et la lutte contre la surpêche et la pêche illicite. Ensuite, l’accélération des recherches scientifiques et du transfert de techniques (par exemple sur la résilience des écosystèmes et la réduction de l’acidification des océans). Et enfin, la gestion durable des ressources marines comme opportunité de développement économique et touristique pour les petits États insulaires et les pays les moins avancés. Les ODD étant interdépendants, la réalisation de chacun des objectifs nécessite de travailler sur les 17 autres pour assurer leur réalisation.

LA SITUATION ACTUELLE

Plus de trois milliards de personnes dépendent de la biodiversité marine et côtière pour subvenir à leurs besoins et, globalement, la valeur de marché des ressources et industries marines et côtières est estimée à 3 000 milliards de dollars par an (5 % du PIB mondial). Mais les subventions à la pêche contribuent à l’épuisement rapide de nombreuses espèces de poissons et empêchent les efforts de sauvetage et de restauration de la pêche mondiale et des emplois qui y sont liés (200 millions de personnes). 

Les océans absorbent environ 30 % du CO2 produit par les humains et atténuent les impacts du réchauffement climatique. Mais le CO2 augmente l’acidité des océans, ce qui perturbe l’écosystème marin. 

Enfin, la pollution plastique frappe directement les océans, les déchets plastiques se retrouvant toujours en bout de chaîne rejetés en mer. D’ici 2050, on estime qu’il pourrait y avoir plus de plastique que de poissons dans les océans. 

En France, le pays dispose du deuxième domaine maritime du monde après celui des États-Unis, ce qui lui confère une grande responsabilité vis-à-vis de l’ODD 14. Elle concentre 10 % des récifs coralliens, 20 % des atolls de la planète et près de 10 % de la diversité mondiale des espèces marines. Pour atteindre l’objectif 14, la France compte notamment sur les aires marines protégées. Celles-ci se sont fortement développées dans les dernières années. En 2018, on compte ainsi 22,3 % d’aires marines protégées dans les aires marines hexagonales contre 1,3 % en 2010. 



LES INITIATIVES DES ACTEURS ECONOMIQUES

Réduire la production et la dispersion des plastiques. Ceux-ci comptent pour 75 % des déchets marins. La réduction des plastiques à la source et son recyclage sont donc essentiels, dans tous les secteurs. Début mars, un pacte plastique européen était signé entre 14 États (dont la France) et 40 entreprises (Unilever, Carrefour, Henkel) pour utiliser moins de plastique, réduire les déchets mais aussi favoriser le recyclage et le réemploi. Avec la crise du coronavirus, le lobbying pour suspendre ou amoindrir les réglementations prises récemment un peu partout dans le monde pour réduire la production d’emballage et de plastique jetable, bat son plein.  

Investir dans la pêche durable. Plusieurs initiatives commencent à se mettre en place pour investir de façon durable dans l’économie bleue. Un premier cadre de principes a été établi par la Banque européenne d'investissement et plusieurs organisations dont le WWF. Et des fonds comme le Sustainable ocean fund (Mirova avec le Conservation International et Environmental Defense Fund) sont destinés à financer des projets marins durables (pêche durable, économie circulaire et conservation des territoires côtiers) dans des pays émergents et petits États insulaires. 


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