L'ODD n°8 vise à promouvoir le travail décent et la croissance responsable., BH & CCO

BUSINESS CASE

[ODD-le monde d’après] Investir dans le travail décent, sur toute la chaîne de valeur

Par  Béatrice HÉRAUD|Publié le 16/04/2020

La crise du coronavirus montre l’importance de changer notre modèle économique. Pour fixer le cap d’un développement plus soutenable, une grille de lecture de référence, d’envergure internationale et universelle, existe déjà. Il s’agit des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) adoptés en 2015 par l’ONU. Déjà utilisés par de nombreux acteurs économiques et financiers, ils doivent aujourd’hui être regardés comme un outil opérationnel pour flécher les innovations et investissements vers les activités qui assureront la reprise d’une économie durable. Tous les jours, L'Essentiel de la finance durable vous propose un éclairage sur chacun des ODD.

L’OBJECTIF 2030

L’ODD n°8 a pour but de promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous. Il vise notamment à éradiquer le travail forcé et celui des enfants mais, au-delà, à limiter l’économie informelle et à mettre en place les conditions pour que les travailleurs et les personnes inactives puissent se former et travailler dans des conditions dignes et protectrices de leur santé. Et ce, sur toute la chaîne d’approvisionnement. Il vise aussi à assurer une utilisation efficiente des ressources naturelles ainsi qu’à développer une solidarité internationale et envers les plus démunis (notamment via un accès à la protection sociale et aux produits d’assurance et financiers). Les ODD étant interdépendants, la réalisation de chacun des objectifs nécessite de travailler sur les 17 autres pour assurer leur réalisation.

LA SITUATION ACTUELLE

Si le taux de chômage dans le monde peut apparaître comme très faible (5,7 %), il reste néanmoins un indicateur ne permettant pas d’appréhender la réalité des disparités et des inégalités économiques et sociales. Un emploi ne garantit pas la capacité d’échapper à la pauvreté. Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), 55 % de la population mondiale n'a accès à aucune prestation sociale : ni retraite, ni chômage, ni assurance maladie, etc.

Plus de 60 % de la population active mondiale occupent un emploi dans l'économie informelle. La plupart des travailleurs sont privés de protection sociale et de droits au travail. Dans le cadre de la pandémie de Covid-19, c’est notamment cette population qui se trouve économiquement plus vulnérable, même si l’OIT estime que les mesures de confinement ont un impact sur 81 % des forces de travail dans le monde soit 2,7 milliards de personnes.

En France, si le taux de chômage diminue (8,1 %), il demeure important notamment chez les jeunes (24 % des 15-24 ans actifs sont sans emploi), les migrants (20,7 % des immigrés hors Union européenne) et les territoires d’Outre-mer (21,3 % en Guyane et 29 % à la Réunion contre 7,4 % en métropole). Particulièrement inquiétant : plus de 11 % des jeunes Français de 15 à 24 ans n’ont ni emploi, ni formation, ni scolarité en cours. Parmi les autres indicateurs de l’ODD n°8 choisi par la France, on trouve aussi la fréquence des accidents du travail, qui stagne depuis quelques années autour de 21/1000. 



LES INITIATIVES DES ACTEURS ECONOMIQUES

Assurer un travail décent sur toute la chaîne d’approvisionnement. En France, c’est l’objectif visé par la loi sur le devoir de vigilance qui s’applique aux très grandes entreprises. Globalement, il est de la responsabilité de tous les donneurs d’ordre de s’assurer qu’il contracte avec des fournisseurs garantissant de bonnes conditions de travail et de protection à ses salariés. Les donneurs d'ordre disposent pour cela d'outils comme des audits, demande de garanties/labels, etc. Ils doivent également aider leurs sous-traitants à se mettre à niveau (respect des délais de paiement, accompagnement, contrats longs…). Certaines entreprises ont aussi mis en place un "salaire décent" supérieur au salaire minimum, pour permettre aux travailleurs et à leur famille de pouvoir vivre décemment de leur salaire (ex : Living wage fondation au Royaume Uni, commerce équitable, ethical trade, etc.). 

Favoriser l’accès des produits d’assurance et de financement à tous. Les investisseurs et assureurs veilleront à proposer des produits accessibles aux plus vulnérables, y compris aux acteurs économiques les plus fragiles. 

En cette période de pandémie, cet ODD est particulièrement scruté. Les entreprises (y compris le secteur banque et assurance) sont analysées et regardées par les autorités, les populations mais aussi les analystes sur la façon dont elles protègent leurs collaborateurs du virus et sur les mesures mises en place pour garantir leur emploi et une perte de revenu trop conséquente. C’est aussi le cas pour la façon dont elles traitent leurs clients et fournisseurs et notamment les PME (garantie des contrats, délais de paiement, etc.). 


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